7.6.09

Où on va, papa ? de Jean-Louis Fournier

Où on va, papa ? de Jean-Louis Fournier

"Cher Mathieu, cher Thomas,Quand vous étiez petits, j'ai eu quelquefois la tentation, à Noël, de vous offrir un livre, un Tintin par exemple. On aurait pu en parler ensemble après. Je connais bien Tintin, je les ai lus tous plusieurs fois.Je ne l'ai jamais fait. Ce n'était pas la peine, vous ne saviez pas lire. Vous ne saurez jamais lire. Jusqu à la fin, vos cadeaux de Noël seront des cubes ou des petites voitures... "Jusqu à ce jour, je n'ai jamais parlé de mes deux garçons. Pourquoi ? J' avais honte ? Peur qu'on me plaigne ? Tout cela un peu mélangé. Je crois, surtout, que c'était pour échapper à la question terrible : « Qu est-ce qu'ils font ? »Aujourd'hui que le temps presse, que la fin du monde est proche et que je suis de plus en plus biodégradable, j'ai décidé de leur écrire un livre.Pour qu'on ne les oublie pas, qu'il ne reste pas d'eux seulement une photo sur une carte d'invalidité. Peut-être pour dire mes remords. Je n'ai pas été un très bon père. Souvent, je ne les supportais pas. Avec eux, il fallait une patience d'ange, et je ne suis pas un ange.Quand on parle des enfants handicapés, on prend un air de circonstance, comme quand on parle d'une catastrophe. Pour une fois, je voudrais essayer de parler d'eux avec le sourire. Ils m'ont fait rire avec leurs bêtises, et pas toujours involontairement.Grâce à eux, j'ai eu des avantages sur les parents d'enfants normaux. Je n'ai pas eu de soucis avec leurs études ni leur orientation professionnelle. Nous n'avons pas eu à hésiter entre filière scientifique et filière littéraire. Pas eu à nous inquiéter de savoir ce qu'ils feraient plus tard, on a su rapidement ce que ce serait : rien.Et surtout, pendant de nombreuses années, j'ai bénéficié d'une vignette automobile gratuite. Grâce à eux, j'ai pu rouler dans des grosses voitures américaines."

Après avoir lu ceci, faites-vous votre opinion, moi j'ai la mienne et je le conseil, ça se lit en une soirée et c'est un vrai plaisir. Je crois que le résumé suffit, il est vraiment bien fait.


C.

La mécanique du Coeur

La Mécanique du coeur - de Mathias Malzieu

Edimbourg, 1874. Jack naît le jour le plus froid du monde et son cœur en reste gelé. Mi-sorcière mi-chaman, la sage-femme qui aide à l'accouchement parvient à sauver le nourrisson en remplaçant le cœur défectueux par une horloge. Cette prothèse fonctionne et Jack vivra, à condition d'éviter toute charge émotionnelle : pas de colère donc, et surtout, surtout, pas d'état amoureux. Mais le regard de braise d'une petite chanteuse de rue mettra le cœur de fortune de notre héros à rude épreuve. Prêt à tout pour la retrouver, Jack se lance tel Don Quichotte dans une quête amoureuse qui le mènera des lochs écossais jusqu'aux arcades de Grenade et lui fera connaître les délices de l'amour comme sa cruauté.

" Conte désuéto-moderne mâtiné de western-spaghetti, La Mécanique du Cœur vibre d'une rugueuse force poétique où l'humour est toujours présent. Mathias Malzieu soumet aux grands enfants que nous sommes une réflexion très. personnelle sur la passion amoureuse et le rejet de la différence, donnant naissance à un petit frère de Pinocchio qui aurait fait un tour chez les Freaks de Todd Browning. "

Je trouvais cette description tout a fait convenable. Je l'ai lu l'an dernier, déjà, donc ça fait longtemps, mais j'en garde un très bon souvenir. C'est un bouquin qui se lit vite, qu'on ne classe dans aucune catégorie et qui sort vraiment de l'ordinaire. Le style d'écriture adolescent de Mathias Malzieu ( chanteur de Dionysos qui a en parallèle sorti l'album qui va avec le livre, clique ici ). C'est magnifique, vraiment, j'ai beaucoup aimé. Bon, pour les amateurs de grande littérature, s'abstenir, ce n'est tout de même pas du Grand Art, mais quand même, ca vaut vraiment la peine. Je recommande l'album également, à condition d'avoir lu le bouquin avant sinon on ne comprend absolument rien. Pour la route, un petit morceau pêché sur Youtube ici , c'est mon préféré, mais regardé à droite de la page Youtube, il y en a plein d'autre a écouter, notamment " Le jour le plus froid du monde" et " l'homme sans trucage" .

Bonne écoute, mais surtout, bonne lecture !

C.


L'amour comme par hasard




L'amour comme par hasard - d'Eva Rice


coup de coeur:







1954. Pénélope et Charlotte, deux jeunes anglaises issues d'un milieu d'aristocrates désargentés, sont folles du chanteur Johnnie Ray, qui fait fureur sur la scène musicale des deux côtés de l'Atlantique. Harry, le cousin de Charlotte, essaie de reconquérir une extravagante actrice américaine qui s'est fiancée avec un autre. Pénélope est subjuguée par l'irrésistible Rocky Dakota, agent de cinéma hollywoodien de vingt-cinq ans son aîné. Mais Rocky va-t-il s'intéresser à elle ou à sa mère, une veuve éblouissante qui ne s'est jamais remise de la mort de son mari adoré, tué à la guerre ? Un magnifique manoir qui menace de tomber en ruines sert de toile de fond à ce marivaudage à l'anglaise dans lequel Eva Rice réinvente les jeux de l'amour et du hasard à l'époque de la naissance du rock'n roll. Ce roman plein d'esprit et d'intelligence nous fait connaître une galerie de personnages plus attachants les uns que les autres, dans une Angleterre d'après-guerre où la modernité vient heurter les traditions les mieux enracinées.


Que dire de plus sinon que ce roman est tout simplement génial ? Je l'ai pris - peut être l'avez vous deviner- parce qu'un des personnages s'appelle Charlotte, que la couverture était jolie et que le résumé me plaisait énormément. Et l'apparence n'est que la partie visible de l'iceberg ! On s'attache à Pénélope, une grande gaffeuse qui rougis pour un rien et à Harry, ce garçon qui n'est pas le plus beau de Londres " mais bien le plus intéréssant" . On en veut à Marina, actrice américaine dévergondée, d'accaparer l'esprit d'Harry tout au long ( ou presque ) de l'histoire. On aime Charlotte et tout le mystère qui plane autour d'elle et de son Teddy Boy. On aime tout, on aime la grande demeure Magna, on aime Rocky Dakota, oui, vraiment, on aime tout.

Pour ma part, en tant que fille bizarre ( oui car Speed Racer est mon film préféré, je conçois, ça doit vraiment être bizarre ), j'ai adoré, mais a-do-ré le personnage d'Harry. Ce garçon avec ses cheveux en bordel, son oeil bleu et son oeil marron, ses répliques cinglantes, son petit côté magicien, ses observations silencieuses et ses paroles toujours tellement justes... Oh oui, Harry est de loin le garçon "le plus interessant" de Londres, sans aucun doute.
Ce fond de Rock'n'Roll aussi, c'est vraiment bien trouvé, cette jonction Johnnie Ray- Elvis Presley, c'est génial !
J'aimerais ne pas avoir à le classer dans les Chick-Lit, c'est vrai que ça puise dans le même registre mais c'est plus intélligent, plus léger, plus tout ! C'est un chick-lit largement plus enlevé, qui fait plaisir, qui nous emmène autre part, là où l'on voudrait être, au milieu de tout ces personnages de la haute aux multiples facettes.

Vraiment, c'est un de mes préférés, il doit arriver en 2eme place après les Ames Vagabondes . Il me tarde d'en lire un autre d'Eva Rice !
C.

LES HISTORIQUES

Le garçon au pijama rayé de Mark Herman

Le garçon au pijama rayé



The Boy in the Striped Pajamas



Une famille allemande vient habiter à Auschwitz pendant la deuxième Guerre Mondiale après que le père ait reçu un ordre d'Hitler. Une amitié va naïtre entre son fils et une des victimes du camp...


Vous allez me dire, rien qu'au titree, ça à l'air ridicule. Et je le conçois, parce que moi-même j'ai dû faire un énorme éffort ( il n'y avait vraiment rien d'autre à regarder ) pour appuyer sur Play. Quelle surprise ! Le résumé paraît bien bref, mais il ne faut pas en dire trop, sinon le film n'a plus de saveur. C'est d'abord un livre, de John Boyne ( Lien ici ). Il s'agit de Bruno, un fils de SS dirigeant un camp de concentration qui se lie d'amitié avec Schultz, un jeune juif prisonnier " de la ferme". La "ferme" c'est l'explication rationelle qu'un enfant de 8 ans se met dans la tête pour expliquer ce qu'il se passe près de chez lui. " Une ferme avec des gens en pyjama rayés" pour des déportés dans un camps de concentration nazis, je trouve que c'est une vision enfantine touchante, mais c'est vrai : quand on a seulement 8 ans, comment s'expliquer ce que l'on voit par sa fenêtre ? Mais attention : il ne s'agit pas d'un film touchant, loin de là. C'est juste une autre manière de voir les choses. Bruno sent pendant tout le film que quelque chose ne va pas, que ses parents ( et en particulier son père ) lui cachent quelque chose. Mais comment, à 8 ans, remettre en question son propre père ? Vous savez, c'est l'âge où l'on est persuadé que nos parents sont "les gentils", qu'ils n'oeuvrent que pour le bien. Malheureusement, ce n'est pas le cas à l'époque, pour le jeune Bruno.


Quand à Schultz, il ne sait pas non plus ce qu'il se passe, il sait juste qu'il a faim et qu'il ne peut pas sortir. Un jour, il ne "trouve plus" son père et c'est alors que Bruno décide de l'aider. Il se "déguise" avec les "pyjamas rayés" et entre dans le camp avec Scultz. Commençant par chercher dans les dortoirs, ils sont pris par les soldats nazis qui les envoient "prendre une douche" avec les autres personnes de leur dortoir. Et au même moment, dans la maison de Bruno, on commence juste à se rendre compte qu'il a disparu. Comment tout ceci va finir ? A vous de voir, en le regardant .


C'est un film à regarder absolument !


C.


LES FRANCAIS

LOL de Liza Azuelos

LOL


LOL


Qui n'a jamais entendu parler de LOL ? Bien qu'on habite à l'Ile Maurice - ce qui en parallèle veut dire que les cinémas passent 3 films par semaine, et souvent des films pourraves- on a réussi à aller voir ce film au cinéma. On en est sortie encore plus déprimée (parce que nous aussi on voudrait vraiment retourner en France !) mais en se disant " Ho c'est vraiment cool Paris quand même" . Un peu trop d'ailleurs. J'ai lu vos commentaires, et j'avoue être d'accord. Mais justement, ce "petit côté qui ne se réalisera jamais" je le trouve sympathique, ça donne de l'espoir. Quand à la drogue, c'est vrai que le mec de la brigade des stups qui ,en voyant sa copine fumer un pétard, dit "c'est pas grave" ( surtout que lui-même va faire la moral aux jeunes ), je trouve ça vraiment à côté . Comme si un prof en regardant sa fille rien fouttre à l'école disait " c'est pas grave" . Je peux vous dire qu'en tant que fille de profs, ça ne se passe pas du tout comme ça . Mais vous inquiétez pas, c'est pas la Prison quand même :)

Au niveau du jeu d'acteur, j'ai trouvé Sophie Marceau vraiment nulle. Mais, en même temps, citez-moi un film où elle est VRAIMENT GENIALE ( pas " bonne", mais géniale !). Jeremy & Christa, bon, disons qu'ils ne sont pas des pro. Malgré tout ça, je trouve qu'on s'en sort plutôt bien. Il y en a beaucoup qui comparet ce film à 15 ans et demi, c'est vrai que c'est dans la lignée, mais c'est tout de même différent. Pour ma part, les films français ne m'ont jamais enchanté, donc je ne suis ni déçue ni surprise, j'ai trouvé ça très conforme à l'idée que je m'en faisait. Quand à ceux qui ont été déçus, je comprends, je pense qu'à votre place aussi j'aurais été déçue. C'est tout de même très ( trop) irréaliste. C'est comme Amélie Poulain, tout paraît sympathique, alors qu'au final, loin de là !

Après, je vous laisse juger !
C.